Fatigue des équipages

Une campagne organisée par les pilotes contre les règles Européennes (EU-OPS et bientôt EASA) sur les limites de temps de service, de temps vol maximum et de repos des équipages (les Flight Time Limitations) est organisée au travers d'un reportage vidéo.

Les Personnels Navigants Commerciaux (hôtesses et stewards) sont aussi concernés par ces nouvelles règles de temps de travail  européennes. Comme pour les pilotes, les PNC dénoncent ces règles européennes dont les limites fixées dépassent celles préconisées par les experts scientifiques et médicaux (Rapport Moebus). Ces derniers préconisent à l' Agence Européenne de Sécurité Aérienne (EASA) de revoir ces limites afin de limiter les effets de la fatigue des équipages car nous savons tous que la fatigue tue ! S'il ne fait aucun doute qu'un pilote fatigué après une journée de travail de 13h voire 15h peut être à l'origine d'un crash , les PNC peuvent aussi être responsables d'un incident grave, ou de l' aggravation d'un accident s'ils sont "fatigués". En effet, ce sont les hôtesses et stewards qui sont chargés de la sécurité à bord en cas d'incident ou d'accident. Un PNC doit avoir une constante et forte vigilance  tout au long du vol pour intervenir de manière efficace sur le moindre incident à bord. Par exemple, le départ d'un feu nécessite une réaction immédiate et appropriée  parce qu'un feu double d'intensité toutes les 6 secondes. Une lenteur de réaction ou une action erronée due à la fatigue  peut aggraver la situation et la rendre catastrophique.

Or, l'EASA semble ignorer que la fatigue due au cumul des heures de travail puisse avoir une incidence sur la sécurité puisqu'elle permet des journées de travail de 15h pour les pilotes et 20h pour les hôtesses et stewards !

Sur les vols long courrier , les PNC pourront être amenés à travailler pendant 20h debout dans un avion dans des conditions de travail déjà très difficiles (environnement pressurisé et néfaste pour la santé, stress, horaires décalés, pression et agressivité  constante des passagers...)  et ceci sans avoir de garanties sur la prise des repas et les facilité de repos à bord! Les temps d'escales seront aussi considérablement réduits (exemple : 14 heures à Santiago), cela ne permettra pas la récupération physiologique nécessaire pour faire disparaitre les effets du vol.

Pour les PNC sur moyen et court courrier c'est 16h sans aucune pause ni de temps garanti pour la prise des repas tout en leur demandant d'accepter de faire des nuits très courtes ( environ 4h à 5h de sommeil par nuit) avec la mise place d'une règle absolument scandaleuse de repos réduit à 7h30 !

Comment l'EASA  peut-elle prétendre à un  haut niveau de sécurité Européen (règlement EU-OPS 1899/2007 et règlement EASA 216) en permettant dans sa règlementation de faire travailler  les personnels navigants  jusqu'à 20h et/ou dormir 4h ou 5h par nuit? Sommes nous des êtres humains ou des machines ?

Pour la CGT en lien avec les autres syndicats européens, via l' organisation ETF (Fédération Européenne des salariés du transport), la sécurité des passagers ne peut pas être garantie dans de telles conditions de travail, nous demandons à l'EASA de revoir ses propositions et de tenir compte de l'avis des experts scientifiques et médicaux.