Sortir de sa bulle

C' est l'essence même de notre affiliation à une confédération nationale telle que la CGT: sortir de la "bulle" DGAC. L'USAC-CGT vous informe et vous invite à réfléchir sur des sujets qui nous touchent tous au jour le jour...

Signer la pétition européenne pour la défense des services publics

Libéralisme et services publics

Les services publics doivent satisfaire aux besoins fondamentaux des populations en matière d’accès aux transports, aux énergies, à l’eau, aux moyens de communication, à l’enseignement, à la culture, à l’information et ce quelles que soient les contraintes géographiques. Ils sont la garantie d’une équité de traitement pour tous.

Face à ces besoins fondamentaux, les gouvernements, le patronat et l’Union européenne, sous couvert d’une concurrence qui serait, nous dit-on, bénéfique pour les usagers, ouvrent les capitaux des entreprises publiques afin de permettre aux financiers d’élargir leurs possibilités de s’enrichir. Pourtant les exemples de méfaits de ces privatisations ne manquent pas : l’état du rail en Grande-Bretagne, de l’électricité en Californie, et, plus près de nous, la grande panne du réseau électrique italien. Ceci est bien la résultante d’un actionnariat essentiellement axé sur la spéculation et le profit au détriment des investissements nécessaires à l’entretien des infrastructures et des matériels. D’ailleurs, le tarif de l’électricité est en hausse partout où son exploitation a été confiée à des entreprises de statut privé.

 

Menace sur le contrôle aérien

Les méfaits de la logique libérale menacent également le contrôle aérien. Les compagnies aériennes, Ryanair en tête, Canso (l’organisation patronale des prestataires de service européens à laquelle la DSNA est associée), la DFS qui est en passe d’être privatisée et qui se dit prête à une concurrence entre prestataires de service de contrôle qu’elle appelle de tous ses voeux, des voix gouvernementales appellent à la privatisation. Pourquoi ? Pour réduire les coûts, pour permettre aux transporteurs et aux prestataires privés en particulier d’accroître leurs bénéfices. Pourtant le Nats britannique et Skyguide (Suisse), prestataires privés, sont les plus chers d’Europe en termes de redevances. L’accident du lac de Constance et les nombreuses avaries du système anglais ne démontrent pas leur efficacité. Les accidents d’avions successifs de l’été dernier, ayant causé des centaines de morts, devraient faire réfléchir. Or il n’en est rien : la quête du profit ne s’encombre pas de ces détails.

 

La sécurité en question

La proposition de sortir la DGAC de la Fonction publique pour en faire un établissement public (comme l’était Aéroports de Paris avant d’être privatisé cette année) a déjà été formulée plusieurs fois, chaque fois repoussée par une forte majorité des personnels et par les syndicats (à l’exception du Snicac-CGC). Le passage en établissement public n’est qu’une étape qui permet ensuite d’ouvrir le capital aux investisseurs privés. La notion de service public cède alors la place à des stratégies qui sont déterminées en fonction du marché dont la règle de base est la concurrence et la priorité la rémunération des actionnaires. C’est une mécanique bien rodée dont les exemples ne manquent pas (France Télécom, La Poste, ADP, GDF, la DFS allemande, etc.) La mise en concurrence des prestataires de contrôle aérien renversera les priorités. Il faudra d’abord être moins cher que les autres prestataires pour garder voire gagner des marchés ; la sécurité deviendra une variable d’ajustement avec tous les risques que cela engendre. L’inévitable recherche de baisse des coûts tous azimuts amènera à des “restrictions économiques” de maintenance, d’investissements, de formation, avec des conséquences dramatiques dans un domaine où la sécurité des passagers et des populations survolées doit demeurer la priorité absolue. La notion de niveau de sécurité acceptable (par qui ?) remplace la recherche d’un niveau de sécurité maximum.>

La sécurité n’a pas de prix, mais elle a un coût que la logique libérale cherchera toujours à réduire.