Sesar, ou l'unification de la recherche dans le ciel unique européen

Sesari en bref

Sesar : l'implication des industriels dans le ciel unique

Sesar, pour Single European Sky ATM Research, initialement nommée Sesame, est une initiative des industriels du domaine de l'ATM dans le but d'organiser et de coordonner tous les efforts pour la mise en oeuvre des futurs systèmes de a navigation aérienne. Le principe est de mettre en commun les moyens de recherche et de développement afin de réduire leurs coûts et d'assurer, par la même occasion, une harmonisation des systèmes et donc une meilleure fluidité du trafic.
Ce projet a été soutenu par la Commission Européenne qui s'y est investi avec Eurocontrol. Sesar est devenu, un peu par la force des choses, la continuité de la réglementation européenne sur le ciel unique ou une de ses mises en application.
La direction du programme Sesar est assurée par Air Trafic Alliance (ATA), un regroupement entre Airbus, EADS et Thalès. Sesar regroupe les grands acteurs du monde de l'aviation civile en Europe : Compagnies aériennes et affiliés, Aéroports, ANSPi (fournisseur des services de navigation aérienne) et Industriels.

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Les arguments de Sesar :

Le but de Sesar est donc de diminuer les coûts de recherche et de développement dans le monde de l'ATM et de faire face au trafic des vingts prochaines années.

Sesar dresse un planning chiffré pour l'horizon 2025 – 2030 à partir d'un constat sur le trafic aérien actuel : d'ici à 2025 le trafic aérien devrait doubler (estimation la plus faible). A l'ère d'Internet et des satellites le contrôle aérien utilise toujours la radio, le contrôle aérien est fait « artisanalement ». La technologie est âgée : la dernière grande évolution date des radars secondaires, les 20 dernières années de recherche n'ont presque rien apporté, le contrôle aérien se fait comme dans les années 80. Le principe des secteurs de contrôle est trop limitatif.

Ces constats ne sont qu'une partie de la justification mise en avant pour que Sesar s'occupe de la recherche, du développement et de l'installation des futurs systèmes de la navigation aérienne ainsi que des systèmes embarqués par extension. Le but final de Sesar, et il ne peut y avoir d'ambiguïté, est de rendre le contrôle aérien le plus automatique possible, avec un minimum de contrôleurs.
Bien entendu ces arguments ne sont pas neutres, leurs seuls buts étant de prouver qu'il y a un besoin urgent de changement et à grande échelle. Ces différentes analyses, plus ou moins orientées, offrent une justification toute trouvée par rapport aux enjeux financiers et économiques qui se cachent derrière.

A l'Usac-CGT, nous sommes bien conscients qu'il sera difficile dans les années à venir de faire des systèmes franco-français. Néanmoins, les arguments présentés tendent vers une seule conclusion qui serait la remise en cause complète d'un système qui a fait ses preuves. Pour autant, des améliorations sont nécessaire au vu des prévisions de trafic des vingt prochaines années. Mais faut-il pour cela jeter aux orties des années d'évolution pour une « révolution » ? La question reste posée et l'Usac-CGT sera attentive aux réponses apportées. Cela suppose aussi que ces prévisions de trafic soient fiables et la crise a prouvé qu'elles étaient quand même très optimistes.

Un planning sur 20 ans :

Le planning de Sesar est déjà défini pour les phases d'études et de déploiements. De même, les différentes sommes engagées ainsi que les retours sur investissement sont aussi planifiés pour les vingt prochaines années.
Le projet est divisé en deux grandes phases :

  • une phase de définition des performances attendues, des concepts opérationnels et des besoins de recherche qui a eu lieu entre 2005 et 2007
  • une phase de développement des nouveaux systèmes, de leur installation et de leurs améliorations  débutée en 2008 et prévue jusqu'à 2015-2020.

A ce stade, les définitions sont plus théoriques que pratiques. Cela n'empêche pas les industriels du secteur de prévoir, selon différents scénarios, les retours sur investissements.

Ces chiffres n'engagent, évidemment, que ceux qui les croient!