Professeurs de langue



Labos de langues : un métier à part entière

 Aujourd’hui une soixantaine de formateurs locaux DGAC (CRNA et SNA) ont en charge la formation initiale (pour partie) et la formation continue en langue anglaise des agents assurant des fonctions de contrôleurs aériens (14 ont pu bénéficier du statut fonctionnaire avec la Loi Sapin, les autres sont contractuels). Le diplôme universitaire d’enseignement en anglais aéronautique n’existe pas. Les formateurs en anglais viennent d’horizons divers, certains ont des doctorats. Ils débutent leur carrière au sein de la DGAC avec une expérience professionnelle solide dans l’enseignement. Ils suivent par la suite une formation pour acquérir une bonne connaissance dans le domaine de l’anglais aéronautique. Loin des modèles scolaires, les contrôleurs aériens sont entraînés, sur le plan de la compréhension et de la production de la langue orale, grâce à des cours créés spécialement à cet effet par les formateurs.

Les enjeux de la bonne pratique de la langue anglaise au niveau de la licence de contrôle sont désormais une évidence. Dans le cadre du renouvellement de sa licence, un contrôleur est tenu d’effectuer 75h minimum sur 3 ans, de formation en anglais (PIFA : Plan Individuel de Formation en Anglais), dont le calendrier, la gestion du planning de formation, ainsi que le suivi
pédagogique font également partie des tâches du formateur.


Pour la création d'un corps spécifique pour les enseignants d'anglais à la DGAC !


Détacher des enseignants de l’Éducation nationale n’est pas une solution souhaitable, ni pour les enseignants, ni pour la DGAC ou l’ENAC. En effet, l’anglais enseigné au collège, au lycée, en classe préparatoire des grandes écoles, n’est pas le même que l’anglais spécialisé enseigné à de futurs pilotes et contrôleurs aériens.
Les enseignants certifiés ou agrégés de l’Éducation nationale ont des charges horaires en présence d’élèves définies dans leurs statuts. Les enseignants d’anglais qui exercent à l’ENAC ou dans les centres de la DGAC sont soumis à une charge horaire définie par leur employeur, qui ne correspond pas à celle évoquée plus haut.
En mai 2013, la Cour des Comptes a fait une analyse des salaires des enseignants du secondaire en se penchant sur les traitements effectivement versés à près de 230 000 enseignants dans cinq académies, soit 23,6 % du corps enseignant.
La Cour des Comptes a dressé 14 portraits robots parmi ces enseignants, allant du professeur des écoles débutant au professeur de chaire supérieure en passant par l’agrégé travaillant en classe préparatoire aux grandes écoles.
Le traitement des enseignants varie de 18 000 à 107 000 € annuels (tous les éléments constituant le traitement ont été pris en compte, notamment la rétribution des heures supplémentaires, des colles, les primes liées à la fonction de professeur
principal, ce qui n’existe ni à l’ENAC, ni à la DGAC.)
Les écarts de salaires des enseignants sont surtout dus aux heures supplémentaires, système difficilement transposable à l’ENAC ou à la DGAC où les personnels sont soumis aux 35 heures hebdomadaires et ont 2,5 jours de congés par mois travaillé.
Tous seront d’accord : en plus de l’obligation de démontrer un niveau 4 OACI pour exercer le métier de contrôleur ou de pilote, il apparaît indispensable d’offrir un enseignement d’anglais spécialisé pour garantir les meilleures conditions de sécurité. Le besoin existe, mais pour l’instant, personne ne semble disposé à apporter une réponse pérenne. Il est donc nécessaire de créer à la DGAC un corps spécifique pour les enseignants d’anglais, de façon à offrir aux contractuels la possibilité de passer un concours qui leur permette de continuer à mener à bien leurs missions dans un contexte plus serein et de procéder aux futurs recrutements. Dans sa gestion prévisionnelle des ressources humaines, la DGAC devra identifier les compétences nécessaires pour assurer la formation d’anglais aux pilotes et contrôleurs et créer ainsi les emplois correspondants au sein de la Fonction publique d’État.