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Un exemple: la DCN

Rapprochement DSNA/Thales
Pourquoi nous n’en voulons pas



Cette opération revient à privatiser une partie de la DTI puisqu’il s’agit de transférer certains de ses agents dans une entité, le GIE (Groupement d’intérêt économique), dont le statut des personnels relève du droit privé. Ce GIE débuterait avec un effectif composé à parts égales de personnels appartenant à la DGAC et à Thales. Mais il est naturellement prévu que ce GIE, qui disposerait d’une personnalité juridique propre, puisse engager des personnels sous statut privé. Toutes les expériences faisant un temps cohabiter des fonctionnaires et des personnels sous statut privé dans une entreprise privée ont rapidement évolué vers une disparition des fonctionnaires. Cela s’accompagnerait du transfert des compétences détenues par ces personnels et qui seront à jamais perdues pour la DGAC.



Le profit, priorité du secteur privé
Au dogme idéologique libéral de tout faire gérer par le secteur privé, nous opposons une attitude pragmatique consistant à prendre en considération prioritairement les exigences qui s’imposent en termes d’efficacité et de sécurité. Selon les idéologues, il faut créer un GIE pour mieux se placer sur le marché européen et pour mieux défendre l’industriel français dont la branche ATM (celle qui nous concerne) est en situation critique. Ce GIE serait doté d’un capital détenu à 50% par l’industriel et à 50% par la DSNA. Il s’agit en fait de permettre à la branche ATM de Thales de poursuivre ses activités en puisant dans le savoir faire de nos experts tout en bénéficiant d’un cofinancement provenant des redevances payées par les compagnies aériennes. Une sorte de détournement d’argent au profit d’intérêts privés vaguement masqué par le voile du GIE.



Impasse juridique
La faiblesse juridique de l’opération pourrait mener plus rapidement que prévu à un désengagement total de la DGAC de ce domaine de compétence. Un tel accord entre une administration et un industriel serait contesté par les autorités européennes et mondiales au nom du principe de libre concurrence. L’administration, consciente de cette faiblesse du projet, a engagé les démarches nécessaires en vue d’obtenir l’aval de la Commission européenne. Mais un accord de la Commission n’engagerait qu’elle et n’empêcherait pas qu’une plainte d’un des concurrents mondiaux de Thales dans l’ATM (l’américain Loockeed ou le britannique Raytheon par exemple) soit instruite. Si celle-ci aboutissait après une certaine période de fonctionnement du GIE, l’unique solution qui s’imposerait alors serait de couper les liens avec la Fonction publique. La DGAC ne peut l’ignorer ; elle pourrait alors nous resservir la solution de passer la DSNA en établissement public pour sortir de l’impasse dans laquelle celle-ci se serait consciemment engagée.



Radiographie de Thales-ATM
Thales/ATM, avec qui la DSNA veut s’associer, ne présente pas un bulletin de santé des plus encourageants. Des menaces pèsent sur les salariés alors que les actionnaires réclament ce qu’ils considèrent comme leur dû. Le groupe Thales est en difficulté dans le secteur ATM au point qu’il n’exclut pas de se débarrasser de cette activité. La création de ce GIE permettrait d’isoler les salariés de ce secteur pour pouvoir ensuite s’en séparer plus aisément. La stratégie du groupe est avant tout financière et la logique de création d’un GIE y contribue, au prix d’un abandon de l’expertise acquise dans le domaine ATM. Les objectifs d’un haut niveau de sécurité et d’une maîtrise de la conception et de l’évolution des systèmes sont incompatibles avec la recherche du meilleur rendement financier. Il ne peut y avoir aucune garantie quant au devenir de l’industriel ni quant à la politique que celui-ci sera amené à conduire. On sait cependant qu’elle répondra aux lois du marché et non à l’intérêt qu’il peut y avoir à adapter les systèmes opérationnels aux besoins des personnels, des contrôleurs en particulier. Il parait évident que face à des contraintes économiques ou financières, l’engagement avec la DSNA sera considéré par Thales, grand groupe industriel international, comme une péripétie vite oubliée.



Défense sans concession du service public
La Fonction publique, avec ses imperfections, reste par essence la seule organisation capable de mettre en priorité la sécurité. Parce qu’elle est hors de cette logique de compétition économique et financière qui écrase tout autre principe que celui de la recherche du profit, elle peut se donner des objectifs plus nobles que la satisfaction d’actionnaires insatiables intéressés uniquement par l’épaisseur de leur portefeuille. Bien sûr il y a le contexte européen, bien sûr nous évoluons dans un cadre économique aux tendances inverses, bien sûr il n’y a pas que les détracteurs de la Fonction publique qui ont compris cela. Faut-il pour autant se couler sans vergogne dans ce système à fabriquer des profits au bénéfice d’intérêts qui ne sont pas les nôtres, à faire fructifier les comptes d’actionnaires qui se moquent de la sécurité aérienne comme de leurs premières chemises ? La chaîne de sécurité que constituent les différents services de la DGAC, et notamment le domaine technique dans son ensemble, ne peut être coupée ou amputée d’une de ses activités sans mettre à mal la sécurité globale de l’aviation civile.

 

- Résultats des élections à la DTI, NON au GIE!

- L'administration suspend sa décision aux résultats des élections de mars (02/02/06)

- Voir la Lettre du DGAC (31/01/2006)

DSNA-Thales: info n°6 (15/01/06)

DSNA-Thales: info n°5 (07/11/05)

DSNA-Thales: Info N°4 (28/09/05)

DSNA-Thales: Info N°3 (24/08/05)

DSNA-Thales: Info N°2 (08/08/05)

DSNA-Thales: Info N°1 (19/07/05)

 

La pétition nationale massivement signée (24/10/05)

 

DSNA-Thales: les enjeux, les risques et les craintes (17/05/05)